Fréménil, un village lorrain

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dimanche, mars 19 2017

Le facteur et les cartes postales

Timbre_facteur_1950.jpg C'est au siècle dernier que les cartes-postales ont connu leur plein d'activité.

La carte-postale est inventée en Autriche en 1865 sous la forme d'un carton léger adressé sans enveloppe avec une partie réduite réservée à la correspondance. Elle connaît un succès lors des guerres de 1870 et surtout 1914-1918. Ce système de correspondance offre un avantage énorme de contrôle des écrits par le service militaire de la Censure, familièrement dénommé "l'Anastasie" pendant les périodes de conflit. En période de paix, l'âge d'or de la carte-postale peut se situer entre 1900 et 1920. Elle présente un recto illustré par une photographie ou un dessin et un verso partagé entre un espace correspondance et la partie réservée à l'adresse du destinataire et à l'affranchissement. Le recto illustré a permis la connaissance des monuments et des sites tant de notre France que des pays étrangers. La carte-postale se révèle un vecteur efficace du tourisme.

Pendant la période de guerre des cartes-postales dépourvues d'illustration photographique ont été éditées par l'Administration des Postes. Ainsi seul le courrier y trouvait place, la photographie qui éventuellement pouvait constituer un renseignement local était exclue.

Si de nos jours la carte-postale, fortement concurrencée par les moyens modernes de transmission de message est moins utilisée qu'au siècle dernier, elle n'en a pas moins conservé son caractère de communication limité mais concret :" Tout va bien, beau soleil".

La liberté d'expression, puisque le message n'est pas caché par une enveloppe, permet une lecture facile.

Au siècle dernier, notre village était desservi par un brave facteur "Le Popaul". Pour desservir nos villages, la tâche n'était pas facile pour les fonctionnaires de la Poste étrangers au canton : Il  fallait connaître les noms et adresses exactes des destinataires; et l'absence de numérotation des domiciles se révélait une difficulté pour la distribution. Fort heureusement le Popaul connaissait tout le monde dans tous les villages desservis. Et il ajoutait à son rôle de facteur celui d'annonceur du contenu du message :

"Bonjour Alice, vous avez une carte-postale de la Marcelle. Tout va bien. Elle vient vous voir pour Dimanche. Allez, bonne journée!"

Et la bonne grand'mère n'avait pas besoin de chausser ses lunettes pour lire le courrier. Avec le Popaul elle savait tout et tout de suite.

La carte-postale avait rempli son office... mais pas dans la discrétion!!!    Sacré Popaul va!


Jean  SPAITE    Mars 2017

jeudi, mars 16 2017

Photo de la 2éme DB de Leclerc, prise à Fréménil

Nous vous avons récemment présenté une photographie de notre village vieille de plus d'un siècle ( article du 25/02/2017: Vieille photo de la maison de Camille MANONVILLER ). Poursuivons notre quête dans l'Histoire.
CharShermannFremenil441107.jpg
Nos recherches dans le temps passé nous amènent à vous présenter une belle photo prise au cours de la deuxième guerre mondiale dans notre village.  Nous sommes le Mardi 7 Novembre 1944 dans le quartier du Faubourg. Le photographe militaire, le Lieutenant Michel de MISCAULT, doit se positionner à proximité du N° 33 de la Grande Rue (là où habite actuellement Mr et Mme Philippe DOIZENET). Il tourne le dos à BENAMENIL et regarde vers le centre du village où l'on reconnaît le clocher de l'église St Pierre qui dépasse de l'ensemble des toitures. Un char SHERMAN est bien visible sur la droite, près du N° 31 (là où habite actuellement Mr et Mme Patrick LOUIS-CASTET). Sur la partie gauche de la Grande Rue, un autre char SHERMAN est stationné entre les N° 34 et 36.

Que nous apprend ce document historique ?

  • Depuis le Mardi 3 Octobre 1944, la population de FREMENIL a été évacuée, chassée de son village par ordre des Allemands. Les pauvres "Piquants" sont partis du côté de BLAMONT et de CIREY sur Vezouze, laissant la place à la WEHRMACHT qui résiste face à nos Libérateurs. Les habitants ne pourront retrouver leur village enfin libéré mais meurtri, pillé, que le Vendredi 24 Novembre 1944.
  • Mardi 31 Octobre 1944 la 2ème DB libère BACCARAT.
  • Mercredi 1er Novembre 1944, prise de PETTONVILLE puis d'HERBEVILLER.
  • Vendredi 3 Novembre, le 4éme escadron de la 2ème DB se porte à l'Ouest de FREMENIL.
  • Mardi 7 Novembre l'escadron est cantonné dans la partie Ouest du village, donc le quartier du Faubourg. A cette même date, de l'autre côté de la Vezouze, le village de DOMJEVIN est tenu par les Américains, cependant que toujours chez nous à FREMENIL il tombait une ou deux fois par jour quelques obus allemands surtout sur la place de l'église. On peut situer les impacts de ces bombardements sur les maisons de la Grande Rue N° 28 (maison Camille MANONVILLER-aujourd'hui Marcel HENRY) et N° 20 (maison HUMBERT puis Henri VOUAUX - aujourd'hui Yan LECLERC).

Le lendemain Mercredi 8 Novembre vers 11 H 30, trois ou quatre obus ennemis tombent encore sur la place de l'église causant la mort du sous-lieutenant VAUTRIN. On peut penser que ce sont ces bombardements successifs qui ont occasionné la destruction par les déflagrations de tous les vitraux de l'église St Pierre. Et en ces journées de Novembre 1944, les soldats de l'armée LECLERC notent le débordement de la Vezouze dans la prairie, phénomène que nous connaissons encore de nos jours.

Et la marche victorieuse s'est poursuivie en direction de STRASBOURG libérée effectivement le Jeudi 23 Novembre 1944.  C'était HIER....


Une nouvelle fois, la découverte d'une photographie nous a permis de faire un voyage dans le passé et a mieux connaître l'histoire de notre village.


Jean  SPAITE     Mars 2017

Crédit photographique : Cette photo est issue d'un récit illustré de la campagne 44 du Lieutenant Michel de MISCAULT (12e RCA / 4e escadron / 3e peloton de la 2e DB) publié sur le site 2db.forumactif.com 

Nous n'avons retenu que la photo concernant Fréménil mais je vous encourage vivement à consulter ce passionnant journal de marche qui vous conduira de Bournemouth, en Angleterre le 24/7/1944 jusqu'en Allemagne (Schondorf-am-Amersee) le 10 mai 1945. Le Colonel Michel de Miscault s'est éteint le 11 mai 2015.

Soeur Marie Saint François, fidèle à son église

Soeur_Benoit_01.jpg Les anciens du village l'ont connue sous le nom de Madeleine BENOIT. Elle a passé toute son enfance à FREMENIL. Elle aimait beaucoup son village et particulièrement son église où elle avait eu la révélation de sa vocation religieuse. Oui, elle le savait, elle serait "Chère Sœur".

Elle quitte son village en 1951 à l'âge de 39 ans pour entrer au couvent de la Visitation à NANCY situé à la Cure d'Air Saint Antoine qui domine toute l'agglomération avec une vue magnifique sur les tours de la basilique de Saint Nicolas du Port et, à l'horizon, la ligne bleue des Vosges. Dans son livre de prières elle a précieusement rangé quelques photos de l'église de son enfance. Que de fois elle les a regardé, et elle a prié pour son village, pour son église.

En 1989 le couvent de la Visitation de NANCY quitte la Cure d'Air Saint Antoine pour se regrouper avec les Sœurs de la Visitation Sainte Marie dont le monastère se trouve au bord du lac Léman à THONON les Bains (74200 Haute Savoie). Soeur Marie Saint François au fil des ans va poursuivre sa vie religieuse faite de prière et de travail. Malgré la distance elle n'oublie pas sa Lorraine natale et retrouve avec émotion les photos de son église de FREMENIL.

C'est en 1995 qu'elle décède à l'âge de 89 ans. Elle est inhumée avec ses consœurs au cimetière du couvent.

Nous avons le privilège de conserver les photographies si souvent contemplées par Madeleine BENOIT, Sœur Marie Saint François de la Visitation, toujours en pensée avec son village, avec son église. C'est une bénédiction de vous faire partager ces documents souvenirs exceptionnels.

EgliseFremenilSoeurMarie01.jpgEgliseFremenilSoeurMarie02.jpgEgliseFremenilSoeurMarie03.jpg

EgliseFremenilSoeurMarie04.jpg

Ayons une pensée émue pour cette figure chrétienne, originaire de chez nous.

      PRIERE :

      Puisque le monde d'ici bas ne bouge pas
      concernant les travaux de rénovation de notre église,
      adressons-nous au-delà.
      Demandons humblement à "la petite Chère Sœur de chez nous",
      elle qui aimait tant la petite église de notre village,
      d'intervenir pour qu'ENFIN soit réalisée
      la remise en état du lieu.

      Pour mémoire, rappelons que cela concerne la toiture,
      les murs extérieurs et intérieurs, les trous et fissures au plafond,
      les réparations de la chaire à prêcher XVIIIe siècle ainsi
      que le tableau de St Pierre classés MH,
      le hall d'entrée sous le clocher,
      sans compter les multiples dégradations du local d'étage au dessus de la sacristie,
      la réfection des enduits extérieurs du clocher
      comme du reste de l'édifice communal.
      D'avance MERCI,
      AMEN.

 NOTA :
  1) Remercions Mme Annie HANRIAT (née BENOIT) de Pont à Mousson qui a eu la gentillesse de nous procurer les documents photos illustrant cet article.
 
  2) Voir également sur notre site les articles suivants:


Jean Spaite - Mars 2017

samedi, février 25 2017

Vieille photo de la Maison de Camille MANONVILLER

C'est une vieille photographie jaunie par les ans et sa présentation "sépia" est oubliée de nos jours.

Elle se situe Grande Rue au N° 28, son propriétaire actuel est Marcel HENRY dont le grand-père Camille MANONVILLER était propriétaire de la maison en 1900, époque où a été pris le cliché.

Maison_Manonviller_1900.jpg
Si l'on examine les trois personnes figurant sur le document, on découvre au premier plan :
  • Germaine MANONVILLER (1894-1936) âgée de 6 ans. Elle sera la première épouse de René HENRY (1893-1975) cultivateur, et elle sera la mère de Marcel HENRY qui habite toujours à FREMENIL en ce XXIème siècle.
Au second plan on trouve de gauche à droite :
  • Maria HEFTER (1880-1950) âgée de 20 ans à l'époque. Elle est la fille cadette d'Adolphe HEFTER cafetier-aubergiste-boulanger habitant la maison voisine, à droite de la photo (au N° 26 de la Grande Rue). Maria HEFTER sera l'épouse d'Henri BENOIT (1886-1960) qui exploitera le-dit café par la suite.
  • Mathilde GADEL (1867-1910) âgée de 33 ans à l'époque et épouse de Camille MANONVILLER (1864-1945). Elle est la mère de Germaine MANONVILLER présente au premier plan et donc la grand-mère de Marcel HENRY.
Maison_Manonviller_2017.jpg
On pourra comparer le document du début du siècle dernier avec la photo récente représentant la même maison marquée par les ans et actuellement inhabitée. On notera que l'arc en anse de panier de la porte de la grange a disparu remplacé par un linteau horizontal. A gauche, l'échappée vers le quartier de "la Banvoire" est toujours marquée par l'avancée d'un ancien four. Sur le cliché de 1900 en arrière plan on aperçoit la silhouette d'un arbre dépourvu de son feuillage, qui est planté entre les maisons. Sur la photo récente cette plantation a disparu.

Un siècle après, la vieille photo de la maison de Camille MANONVILLER nous a permis de faire un voyage dans le passé.

Jean  SPAITE   Février  2017

Sources photographiques :
  • La photo contemporaine est issue de notre fonds personnel
  • La photo du début du siècle dernier provient du site Blamont.info qui propose une passionnante série de cartes postales anciennes, notamment sur Fréménil (voir le site)

jeudi, février 23 2017

Le calvaire de l'église a fait peau neuve

CalvaireFremenil2017_01.jpg

Ca y est ! Ils l'ont fait !

C'est le Jeudi 16 Février 2017 que les ouvriers de l'équipe intercommunale ont procédé au nettoyage du calvaire de l'église dont la partie supérieure attendait une intervention bienvenue.

Certes, un premier travail avait été effectué manuellement par brossage en Mars 2016, concernant le socle de base et le fût du monument comprenant la Piéta sculptée "Vierge de Pitié" associée à la croix, unique exemple du canton de Blâmont. La croix latine nécessitant l'emploi d'une grande échelle était en attente de traitement.

La récente phase de travaux a été réalisée par l'utilisation d'un Karcher qui a repris la totalité de l'édifice mémoriel. On peut dire que le calvaire de l'église a fait peau neuve. Mais il laisse apparaître aujourd'hui dans la partie supérieure , des détériorations évidentes qu'il conviendra de traiter par un délicat colmatage pour assurer une bonne conservation de ce monument historique datant de 1705. Soyons vigilants pour nous assurer que cet ultime travail soit réalisé. 

A l'occasion de cette phase de remise en état, le Karcher a été opérationnel aussi pour nettoyer les marches de l'escalier d'entrée  de l'édifice religieux rendant plus propre l’accès à l'église.

CalvaireFremenil2017_02.jpgCalvaireFremenil2017_03.jpg
Voilà du bon travail qui cadre parfaitement avec l'embellissement de notre village.

Jean  SPAITE   Février 2017

NOTA:  Voir aussi nos articles : 

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